Cameroun: Discours de Maurice Kamto le 31 décembre, vaste critique aucune opposition?

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32 minutes est le temps qu’aura duré le discours de Maurice KAMTO en direction du peuple camerounais. Celui qui se présente désormais comme le «Président élu » de la République du Cameroun a tenu à marquer les esprits en délivrant son premier message en tant « président élu » (justement) de la République. Discours qui porte en son sein un ensemble d’éléments de critiques du système mais discours qui ne s’opposent pas. Exercice bien délicat désormais pour le chef de file de l’opposition qui n’a pas hésité à « déchirer » un système que lui-même aura servi.

32 minutes durant lesquelles le Professeur KAMTO à axer son discours sur un axe principal, destruction. Il s’est attelé à détruire le système de Paul Biya en démontrant les tares politiques économiques et sociales. Un discours sur un ton grave empreint d’une certaine solennité et dans lequel l’on dénote une véritable haine pour le Président en plaçe. Pas un paragraphe sans mentionner son adversaire politique. Sur le plan sémantique cela sonne là comme un véritable acharnement. Critique sur l’élection présidentielle au cours de laquelle le candidat KAMTO aura obtenu 14 %des surfrages. une chose quand même nous intrigue pourquoi le Président élu ne parle t-il pas comme un "Président" élu mais comme un candidat "malheureux"? Bref passons

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Une critique violente sur la gestion des affaires du pays ou ce dernier n’a pas hésité à mettre mal à nu la gouvernance propre au régime Biya, une critique tonitruante sur le non-respect de la constitution principalement de l’article 66 sur la déclaration des biens par les gestionnaires de la fortune publique. Critique sur la gestion des crises sécuritaire que traverse le Cameroun et enfin critique sur le présupposé tribalisme inhérent au système Biya.

Une série de boules puantes en direction de Paul Biya et de son système qui nous laisse sur notre faim, où sont les propositions pour 2019.

Cliquez ici pour voir l'intégralité du discours de Maurice Kamto.

Un opposant « s'oppose ».

Après le chapelet de critiques fait par le Président du mouvement pour la renaissance du Cameroun MRC, l’on a pu entendre parler de la honte sur le report de la CAN, de la crise anglophone, des hôpitaux mouroirs, des voyage du président Paul Biya, des frasques du régime RDPC et toute autre maladie propre au système Biya. Pas un mot sur le MRC, ni sur les échéances à venir et sur les défis à relever. L’on s’attendait enfin à ce que ce dernier dise exactement au Camerounais ce qu’allaient être les propositions du Mouvement pour la Renaissance Cameroun (MRC) durant l’année 2019. N’oublions pas que le parti du Professeur Kamto est représenté à l’assemblée nationale, et que l’honorable Souop Lazard a déjà fait 5 ans en tant que député. Qu’a fait le MRC de ce mandat qui lui a été donné. Qu’a vu le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de l’intérieur, quelles leçons tirées pour l’avenir ? L’honorable Souop a-t-il été consulté pour cela ? Il semble que le discours du professeur est un discours qui fait l’apologie de la violence.

Nous avons écouté et pour nous autres il semble clair que Maurice Kamto n’a pas un discours fédérateur. Au contraire ce discours criminalise et met au-devant de la scène la peur et surtout les menaces nationales telles que la violence, la haine tribale et aussi la division.

Un appel à la résistance ??

L’élection Présidentielle est passée et le professeur Kamto continue de caresser le rêve d’une accession à la magistrature suprême. Ce dernier semble mener ses partisans vers la cristallisation d’un débat. Oubliant au passage que le vrai débat démocratique se fera à l’assemblée nationale. Les élections approchent et le professeur Kamto ne dit pas dans quelles perspectives le MRC entrevoit une année électorale comme celle-ci ? Quelle résistance faut-il mener pour une élection présidentielle déjà perdu. Une salve de critiques à l’encontre du Président Paul Biya. Pourtant il existe des propositions concrètes sur lesquelles le professeur Kamto aurait pu convaincre : La loi des finances ce 2019 à venir, les propositions sur les budgets, la remobilisation électorale. Comment faut-il que les partisans du MRC se préparent afin de conquérir les mairies et conquérir d’avantages de sièges à l’assemblée nationale, la question du processus électorale, et surtout de la commission électorale.

Nous avons plutôt encore entendu un chef de guerre qui est revenu sur la perte d’une bataille. En mettant en avant les brimades sur les scrutateurs et les éventuelles fraudes par eux constaté il y a 3 mois. Nous sommes là face à un orateur prompt à la querelle mais peu entrain à la construction. La critique est bien la matière première nécessaire aux propositions, où sont les propositions du professeur Kamto. L’auteur de l’ouvrage l’urgence de la pensée n’a-t-il pas encore conscience que la construction d’une image politique ne passe pas seulement pas l’élection présidentielle ? que fait-il des autres scrutins ? Voilà aussi ce qui aurait dû être le contenu propos du professeur Kamto qui apparemment voue un culte au président Biya par son acharnement discursif.

Il existe bel et bien un adage qui dit ceci en communication  « parlez de moi en bien ou en mal c’est toujours parler de moi ». Si un discours d’opposant se traduit par le fait de répéter une quinzaine de fois le nom de son adversaire sans toutefois évoquer son parti et encore moins de son programme il est évident que l’on ne fait que faire de la propagande au bénéfice de celui dont-t-on répète le nom. Nous voulons donc comprendre comment au MRC que s’opposer ce n’est pas critiquer seulement mais c’est surtout proposer. Faut-il continuer de faire planer sur les camerounais la terreur u lieu de la paix et de l’apaisement ? En somme le Professeur Kamto n’a pas encore endossé sa casquette d’homme politique. Il demeure l’enseignant parfait pour porter la critique mais n’a pas encore conscience de sa posture délicate d’homme politique notamment de par la mise en avant de réelle propositions quoi s’adaptent aux réalités contemporaines du Cameroun.

Gontran ELOUNDOU

Analyste Politique.