Cameroun: Pourquoi l’opposition ne peut pas proposer un candidat.

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Alors que les camerounais s’apprêtent à rentrer de plein pied dans la campagne électorale pour le compte de l’élection présidentielle 2018, les grandes manœuvres   commencent dans les deux camps. La majorité présidentielle ayant déjà rangé ses troupes en ordre de bataille, l’on constate que l’opposition reste encore hésitante, comme en 2011 et en 2004, en 1997 et 1992 l’on dirait que c’est un air de « déjà vu » comme l’a si bien chanté la star Américaine Beyonce Knowles. Une autre tentative qui à la fin risque d’accoucher de nouveau d’une souris, voici pourquoi.

Le rêve présidentiel au Cameroun n’est nullement appuyé sur un programme politique et idéologique, depuis bientôt 30 ans un constat se dégage. Les acteurs de l’opposition semblent bien loin de proposer des programmes politiques cohérents au Camerounais. Qui pourrait se souvient d’un slogan idéologique du SDF ? Entre le « soffa don finish » et le « biya must go » l’on constate que les leaders de l’opposition ont axé leur discours uniquement sur la personnalité du Président de la République au lieu de proposer de façon clair un projet politique et une stratégie de conquête du pouvoir. Des lacunes qui sont liées à une incapacité à faire leur travail d’opposant et aussi à la mégalomanie (tendances à se croire supérieur aux autres) des opposants qui en réalité se voient chacun Président d’une République qui n’a  pourtant qu’un seul siège est réservé à cette fonction.

La fonction présidentielle attire, le pouvoir aussi, or le plus important est de faire émerger un projet de société dont le but est d’améliorer la vie des populations. Le géniteur d’un projet de société, pourrait ne jamais être celui qui l’implémente. Or l’objectif  ici est de voir se  réaliser le projet et non pas d’être le porteur de ce dernier.  Nos opposants prétendent présenter une candidature unique ? Autour de quel programme, de quel projet de société ? Polémiques, injures, division voila ceux dans quoi les camerounais sont tiraillés au quotidien. Faites un tour sur les réseaux sociaux et vous serrez surpris de compter des milliers de phrases tribalistes et haineuses de la part des militants des militants et sympathisants de l’opposition, c’est à croire que les écoles de cadre de ces partis forment de véritables professionnels de la querelles au lieu de former des hommes et femmes capables de porter des messages d’espoirs pour attirer des électeurs. Situations qui aboutie a un véritable repli identitaire pour les camerounais se sentant proche du parti de Paul Biya, la menace pourrait ainsi provenir de l’ouest, du nord, du centre ou du Sud et non pas d’une idéologie.

 Les bleus peuvent ils s’unir ?

Les nouveaux candidats que sont Maurice Kamto, Joshua Osih, Akere Muna ou Cabral LIBII (si caution il paie) sont ils capables de surmonter leur orgueil afin d’accepter de ne pas être candidat pour la première fois ? Sauront-ils mettre de coté leur égo? Cet égo étant à la fin leur seul argument de campagne. Ceci peut se percevoir  par leur propension à arborer de jolis costumes et à avoir des photos dans des lieux chics loin de la réalité quotidienne du camerounais lambda. Le Social Democratic Front (SDF) parti historique pourrait –il accepter de ne pas présenter de candidat ? La bonne santé du MRC peut-elle s’effacer face à l’expérience SDF ? La sagesse et la crédibilité internationale de Maitre Muna va-t-elle s’aligner derrière la jeunesse et l’énergie de kabral LIBII ? Voila quelques questions qui nous font croire que la candidature unique ne s’improvise pas. Déjà le Président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a fustigé sur les réseaux sociaux l’idée d’une candidature unique en remettant en cause l’idée d’une élection primaire de l’opposition

Nous espérons que cet air de déjà vu, ne sera pas de nouveau vu. Chose qui semble décourager les camerounais qui eux perçoivent l’élection présidentielle comme une association de malfaiteurs dont l’objectif est une d’obtenir une  place à la « mangeoire » en se servant de leurs voix comme faire valoir afin d’obtenir quelques dividendes lors du partage final.

Dénis Eloundou

analyste politique.

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