Cote d'ivoire: Pour son anniversaire, Guillaume Soro reçoit un cadeau pas comme les autres.

Guillaume Soro Président de l'assemblée nationale ivoirienne.

Politique
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Vous célébrez ce jour votre anniversaire. Permettez-moi de vous souhaiter tout le bonheur et toute la bénédiction qui accompagnent les destins singuliers. J’aimerais saisir la présente opportunité et vous adresser un message de la part des ivoiriens.

L’histoire est un mouvement continu. Elle ne s’arrête pas. Nous n’y pouvons presque rien. L’histoire de la Côte d’Ivoire se déroule sous nos yeux. Nous sommes à la fois spectateurs et acteurs. La Côte d’Ivoire, notre pays, est aujourd’hui à la croisée des chemins ; une terre d’espérance qui ne fait presque plus espérer une bonne partie de ses enfants, de sa jeunesse et de ses femmes. La réalité des ivoiriens, que dis-je, d’une bonne partie des ivoiriens, en dehors de toute lecture partisane et politique, n’est pas reluisante. C’est par milliers que des jeunes ivoiriens frustrés et désabusés tentent, chaque jour, d’échapper à la honte devant leurs mères. L’impuissance de nombreux pères de familles devant les prix qui grimpent. Les larmes de ces mères qui scrutent désespérément du regard, l’horizon, attendant Godo, leur fils, détenu. Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, je ne veux pas peindre un tableau sombre et triste, surtout pas en cette journée de joie, de célébration de la vie. Je ne suis pas un chantre de la mélancolie. Si je vous adresse ce message, c’est bien parce ces derniers temps, à travers vos propos, vous semblez dire aux ivoiriens qu’ils peuvent compter avec vous. De nombreux ivoiriens me chargent de vous transmettre qu’ils ne veulent pas que « bouche-parole ».

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, les ivoiriens attendent de vous que vous alliez au-delà des mots et que vous posiez des actions concrètes allant dans le sens de la lutte contre l’injustice sociale. Depuis plusieurs années, de nombreux ivoiriens ont fait la demande de cartes nationales d’identités auprès des structures publiques chargées de les délivrer. Ces cartes ne viennent toujours pas. Ces personnes ne peuvent pas ouvrir un compte en banque, ne peuvent pas faire des opérations bancaires, car l’attestation d’identité délivrée par l’Etat de Côte d’Ivoire n’est pas acceptée par les banques autorisées par l’Etat de Côte d’Ivoire sur son territoire. Ceci n’est qu’un exemple dans l’océan de frustration et de paradoxe dans lequel baignent les ivoiriens, au quotidien.

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, les concours de la fonction publique, en Côte d’Ivoire, coûtent chers. Des ivoiriens n’arrivent pas à se soigner. Des ivoiriens se méfient des ivoiriens. Des ivoiriens ne parlent pas à d’autres ivoiriens. Des ivoiriens attendent désespérément, au fond d’une cellule que quelqu’un au Plateau se souvienne d’eux. Dieu seul sait leur nombre. Ceux-là, attendent de vous plus que des mots.

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