Cameroun: "On ne fixe pas le SMIG au hasard" répond Grégoire Owona à Joshua Osih

Politique
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Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais, parti au pouvoir et le Social Democratic Front, principal parti de l’opposition, n’ont pas manqué l’occasion de politiser la 132e édition de la fête internationale du travail qui se célèbre ce mardi 1er mai 2018.

Comme de tradition, les travailleurs et les employeurs célèbrent ensemble ce mardi 1er mai 2018 dans les dix Régions du Cameroun, la fête internationale du travail, édition 132 sous le thème « Dialogue social  : Facteur de promotion du travail décent et de progrès socio-économique au Cameroun ». A cette occasion, la polémique autour du SMIG (Salaire minimum interprofessionnel garanti) au Cameroun jugé très bas par un bon nombre de travailleurs, est revenue à la table des revendications lors des échanges entre les syndicats de travailleurs, les employeurs et le gouvernement. En 2014, le premier ministre, chef du gouvernement, avait signé un arrêté faisant passer le SMIG au Camerounais de 28 000 FCFA à 36 270 FCFA. Malgré cette augmentation, une étude comparative d’une structure spécialisée a montré il y a deux ans, que le Cameroun paie le SMIG le plus bas du contient, loin du Tchad où le SMIG est xé à 60 000 FCFA par exemple. Le SDF, parti leader l’opposition dénonce cette réalité qui choque certains travailleurs. Hier à Mbouda dans la Région de l’Ouest pendant le meeting de présentation de sa candidature à la prochaine élection présidentielle, Joshua Oshi, candidat SDF, a promis de faire passer le SMIG de 36 000 FCFA à 160 000 FCFA s’il est élu président de la République

« Le SDF est un parti socio-démocrate. Ça veut dire que nous protégeons les travailleurs. On doit arrêter avec ce Cameroun où une petite oligarchie exploite le travail de tous les autres camerounais. Il faut que ça prenne n. Il est grand temps qu’on cesse de nous tromper. Il est grand temps pour qu’on commence à comprendre qu’avec un salaire minimum 36 000 FCFA, on ne peut pas vivre. Il est grand temps qu’on commence à donner des salaires décents au camerounais. Le salaire minimum sera au moins 160 000 FCFA par mois avec le SDF » a déclaré l’honorable Joshua Oshi.

   En réaction, le ministre du travail et de la sécurité sociale, par ailleurs secrétaire général adjoint du Comité central du RDPC, parti politique au pouvoir, a expliqué dans une interview diffusée sur l’antenne de la Radio d’Etat, pourquoi le SMIG est bloqué à 36 000 FCFA au Cameroun. « Le SMIG ne se fixexe pas en l’air. Le SMIG se fixe en fonction de notre niveau de développement, en fonction de la capacité des entreprises et en fonction du milieu économique ambiant. Maintenant 36 000 est un minimum. Je vais régulièrement dans des entreprises, je peux vous garantir qu’aucune entreprise aujourd’hui, digne de ce nom ne paie ça. Elles paient plus. Le combat d’ailleurs qu’on doit mener dans les prochains mois, c est envers les petits patrons, c’est à dire les hauts cadres qui ont chez ceux un boy, un cuisinier qu’ils paient 25 000 prétextant que l’employé mange et parfois loge chez lui… La fête internationale du travail est l’occasion de s’arrêter un moment an de faire une critique constructive de tout ce qui ne va pas dans le monde du travail. Il y a beaucoup de choses qui ont évolué, qui se sont arrangées, mais il y en a encore beaucoup qui ne vont pas biens » conclut le ministre Gregoire Owona.

cameroon-info.net