Zimbabwe: Morgan Tsvangirai l'opposant zimbabwéen à Mugabe meurt à 65 ans.

Politique
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Lors de sa dernière véritable apparition en public, en novembre 2017, dans un parc de Harare où il avait brièvement harangué la foule, Morgan Tsvangirai faisait peine à voir. Emacié, l’équilibre instable, un teint qui n’était déjà plus tout à fait celui d’un vivant. Le grand opposant du Zimbabwe, l’homme qui avait défié Robert Mugabe avec une constance et un courage inouïs, était une ombre, déjà engagé dans la dernière phase d’une existence de lutte, et sur le point de perdre son combat contre le cancer.

tsvangirai

Morgan tsvangirai malade

Ce jour de novembre, pourtant, aurait pu être un jour de triomphe. Robert Mugabe, son vieil ennemi, était sur le point de perdre le pouvoir. Quelques jours plus tard, le chef de l’Etat qui lui avait infligé, ainsi qu’à son parti, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), tant de souffrances, serait obligé de démissionner.

Morgan Tsvangirai avait rêvé de cet instant pendant toute sa vie d’opposant. Mais il semblait indifférent à tout. Après une rémission de courte durée, il avait été évacué, une nouvelle fois, vers l’Afrique du Sud, où il s’est éteint, mercredi 14 février, dans un hôpital de Johannesburg.

Sa famille biologique, comme sa famille politique, se disputaient l’héritage du MDC depuis déjà deux semaines, prêtes à tout pour se saisir de biens matériels ou immatériels qu’il n’avait jamais accepté de partager.

Impliqué à fond dans l’action syndicale

Cet homme, né en 1952 dans un milieu simple, dans un village du sud-est du Zimbabwe, avait dû rapidement interrompre ses études pour subvenir aux besoins de sa famille. Il était le premier enfant d’un ménage pauvre, il se devait donc d’aider ses frères et sœurs à vivre et étudier. Au lieu de s’engager dans la lutte armée et de se battre contre les forces coloniales rhodésiennes, il était allé travailler dans une usine d’élastiques, avant d’être recruté, en 1974, dans une mine de nickel.

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