Cameroun: Il lui est reproché d'utiliser de l'argot (camfranglais) injurieux.

L'écrivain en liberté.

Politique
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L’écrivain et activiste camerounais, arrêté à l’aéroport de Douala le 6 décembre dernier alors qu’il s’apprêtait à se rendre au Zimbabwe, doit passer devant les juges camerounais en janvier prochain pour répondre « d’outrage à corps constitué ». En cause, une série de termes –très offensifs - en « camfranglais », un mélange de langues nationales, d’argot populaire, de néologismes et de licence poétique.

Patrice Nganang sera donc jugé en janvier pour « outrage à corps constitué ». L’écrivain est épinglé pour l’ensemble de son « œuvre » anti-Biya, un florilège d’anathèmes jugés « outrageant », même s’ils sont parfois incompréhensibles pour les non-initiés.

En effet, l’écrivain parle en camfranglais, un argot à base de français, d’anglais et de langues camerounaises prisé par les jeunes des quartiers populaires, mais est dédaigné dans l’entre soi de l’élite politico-administrative.

« Wolowoss », quèsaco ?

A son procès, on discutera notamment d’un néologisme en particulier : celui qui a été retrouvée dans un post facebook de l’écrivain daté du 15 mars dernier. Patrice Nganang y affuble Chantal Biya, la première dame du Cameroun, de l’épithète « Wolwoss ». Il s’agit d’un nom féminin communément admis comme étant un synonyme de « prostituée », femme de peu de vertu, femme vénale, etc.

Dans ses travaux relatifs à La créativité néologique dans la presse francophone camerounaise, la sémiolinguiste Cécile Madiga estime que le nom commun Wolwoss est apparu dans le langage courant à partir de 1995.

On le lit dans les journaux satiriques, où il est synonyme de « Bordelle », autre épithète en français familier si courant qu’il a fini par faire son entrée dans le dictionnaire.

Une affaire moins juridique que sociétale

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