Cameroun-Crise Anglophone: Après l'assassinat de 3 gendarmes, Jospeh-Marie ELOUNDOU fustige l'attitude de KAH WALLAH

joseph-marie ELOUNDOU et Edith kabang WALLAH.

Politique
Typography

 

L'acteur de la société civile écrit une lettre ouverte à la présidente du Cameroon people Party (CPP) et dénonce une attitude irresponsable de celle-ci

Assassinats de Jakiri et de Bamenda

 

Cher Madame Kah Walla,

Je viens de parcourir avec une grande attention le communiqué de presse délivré par votre parti, le Cameroon People’s Party, que vous avez signé vous-même, en réaction aux assassinats des gendarmes : le 06 novembre 2017, le  major Bienvenue Djounay  puis le maréchal des logis chef René Himna et l’élève gendarme David Salley tués dans la nuit du 07 au 08 novembre 2017 dans la périphérie de Bamenda, et 4 autres.  De même qu’une dame, Jeannette Ngwafu,  40 ans environ, criblée de balles à la poitrine. Elle est Bayam Sellam à Bamenda.

 J’ai trouvé votre réaction, politiquement correcte, notamment du fait de sa spontanéité. Toutefois,  il subsiste quelque doute dans mon esprit quand à vous définir politiquement. Moi je suis un Républicain, partisan de l’Etat unitaire décentralisé, conformément aux dispositions de notre Constitution.

  J’ai l’impression –je peux me tromper-, que vous surfez sur cette vague de violence pour avoir une position politique avantageuse.  Cela relève à mon avis du machiavélisme et du cynisme politique qui ma foi serait normal s’il n’y avait pas eu mort d’hommes et de surcroit assassinat de personnels de nos forces de l’ordre. Parce qu’alors là, nous sommes tous en danger.

On a l’impression que vous tentez de rejeter  la responsabilité de ces assassinats sur les pouvoirs publics, ce qui me parait tout de même curieux parce qu’à l’état actuel des choses, il n’est pas exagéré de subodorer que le projet de sécession serait la base de ces revendications. Il y a comme une stratégie bien pensée mise en place qui semble se décliner progressivement.

Nous avons eu en son temps à condamner, avec fermeté, les violences commises contre nos compatriotes par nos forces de l’ordre, notamment l’utilisation des balles réelles.

Nous devons condamnez sans ambages ni fioritures, avec la plus grande fermeté, ces tueries barbares qui relèvent d’une autre époque.

Puis nous laverons le linge sale en famille.

En effet, votre condamnation est par trop générale et n’insiste pas assez sur le caractère crapuleux du crime perpétré sur des citoyens, fussent-ils des gendarmes, chargés de nous protéger.

Ce sont certainement des chefs de familles mais, le communiqué ne daigne pas adresser le moindre clin d’œil aux familles ainsi durement éprouvées.

Nous devons faire très attention parce qu’il se prépare certainement quelque chose qui ne sera pas bien pour le Cameroun. Notre pays. Et cette chose n’a strictement rien à voir avec la marginalisation et la mal gouvernance. Manifestement, des gens ont mis beaucoup de ressources en jeu et n’entendent pas s’arrêter en si bon chemin.

Croyez-vous que ce soit un hasard cette simultanéité des actions de fragilisation du Cameroun : entre BOKO HARAM, le Centre-Afrique et la zone anglophone du pays, adossée elle-même sur les velléités sécessionnistes du Biafra ?

Croyez-vous vraiment que pour aller au fédéralisme on doive s’entretuer, tendre des embuscades à des gendarmes et les assassiner froidement, comme si nous étions dans une guérilla ?

Pensez-vous que le premier venu des citoyens peut se livrer à un tel exercice avec une telle aisance ? Si ce ne sont des professionnels ?

A notre avis, une nouvelle carte de l’Afrique est entrain de se dessiner. En fonction des nouveaux enjeux géopolitiques mondiaux, des nouvelles alliances et des nouveaux rapports de force. Restons très vigilants.  Il y a des velléités séparatistes un peu partout en Afrique. Vous verrez – je ne suis pas un oiseau de mauvaise augure-, que la violence ira grandissante. Les modérés seront systématiquement exclus de ce jeu démoniaque et nous aurons donc le face à face des extrémistes tant recherché, et ce sera le départ d’une période d’incertitude dont nul ne maîtrise la fin.

Cher Madame Kah Walla,

Vous voulez gouverner le Cameroun et cela se sent par le dynamisme que vous insufflez à votre entreprise politique. Il conviendrait que par vos attitudes et prises de positions, vous  rassuriez la grande majorité. Vous n’êtes pas une syndicaliste et vous aspirez à être un « Homme » d’Etat. Eloignez vous par conséquent du populisme et gardez la tête froide.

Nous ne devons donc pas fignoler, ni faire dans la langue de bois du genre  de l’Ambassadeur de France Gilles Thibault : « Je ne peux qu’une fois de plus, encourager le dialogue et l’arrêt de toute violence.  Cette violence ça ne mène nulle part. Le Cameroun est un pays que je découvre plus d’un an, pays fait de multiples atouts, de richesses, de paysages, d’hommes. Vraiment des gens peuvent et doivent vivre ensemble comme ils ont vécu ensemble depuis des décennies. Des questions qui posent des problèmes doivent être débattues dans des enceintes appropriées, en excluant toute forme de violence ». Il nous prend pour des naïfs.


Nous devons rassurer nos forces de l’ordre.

Nous devons faire face à ce danger imminent en mobilisant notre peuple.

M. Paul BIYA et son équipe sont de passage, dans un Cameroun voué à l’éternité.