ECONOMIE : La BAD va débloquer 3 milliards de Fcfa pour les études du projet d’extension du chemin de fer camerounais vers le Tchad

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Le gouvernement camerounais et le groupe de la Banque africaine de développement (BAD) ont signé, le 19 juillet 2017 à Yaoundé, un aide-mémoire relatif aux études de faisabilité du projet d’extension du chemin de fer camerounais au Tchad, à partir du terminal de la Cameroon Railways (Camail) de Ngaoundéré, la capitale régionale de l’Adamaoua, dans la partie septentrionale du pays. 

Selon le ministre camerounais des Transports, Edgar Alain Mebe Ngo’o, cet aide-mémoire est un document d’orientation destiné à encadrer les négociations devant aboutir au déblocage par la BAD, d’une enveloppe de 3 milliards de FCfa destinée à la réalisation des études de faisabilité du projet d’extension du chemin de fer camerounais au Tchad.

Les gouvernements camerounais et tchadien ont matérialisé leur ambition de réaliser ce projet intégrateur, le 3 juin 2014, dans la capitale tchadienne, à travers la signature de l’accord bilatéral portant création de la Commission ferroviaire Cameroun-Tchad, en vue de l’extension du chemin de fer camerounais vers le Tchad. Ce projet avait été évoqué pour la première fois au cours des travaux de la 22ème session de la grande Commission mixte Cameroun-Tchad, tenue en décembre 2010 à Yaoundé.

En application de l’article 6 de l’accord signé entre les deux pays, le 3 juin 2014, les parties contractantes ont choisi Bolloré Africa Logistics (BAL) comme partenaire technique du projet. Concrètement, le rôle de Bolloré Africa Logistics dont l’une des entreprises au Cameroun (Camrail) est concessionnaire du chemin de fer, consistera, avait-on appris de sources autorisées, à « appuyer la réalisation des études ; apporter un appui à la préparation des dossiers de présentation du projet aux bailleurs de fonds ; préparer les rencontres avec les bailleurs de fonds ; apporter une contribution aux réflexions et aux montages institutionnels et financiers». 

De passage à Douala, le 19 octobre 2015, Cyrille Bolloré, président de Bolloré Transport Logistics, avait cependant exprimé l’ambition du logisticien français de jouer un rôle plus important dans ce projet, en pourvoyant aux financements nécessaires à sa réalisation. Après le recours à la BAD pour le financement des études de faisabilité, les gouvernements camerounais et tchadien pourraient bien se souvenir de cet appel de BAL, pour la réalisation des travaux de construction proprement dits.

Selon les statistiques de la douane camerounaise, environ 340 milliards de Fcfa de marchandises tchadiennes transitent par le Cameroun chaque année, et sont acheminées vers le Tchad par route. L’extension du chemin de fer camerounais vers le Tchad vise à faciliter davantage l’acheminement de ces marchandises, voire augmenter leur volume et ainsi accroître le niveau des échanges commerciaux entre ces deux pays de la zone Cemac. 

Bien que l’accord signé entre le Cameroun et le Tchad précise que les deux parties s’accorderont plus tard sur le tracé de cette ligne de chemin de fer sous régionale, des indiscrétions fiables révèlent que les protagonistes du projet se sont déjà discrètement accordés sur le tracé définitif.

Selon nos sources, le tracé retenu partira du terminus Camrail de Ngaoundéré (Cameroun) pour Ndjamena, la capitale tchadienne, sur une longueur de 1 400 Km, pour un investissement estimé à 1 400 milliards de francs Cfa. Ce tracé exclut donc l’hypothèse n°2 envisagée dans le cadre de ce projet, et qui consistait à étendre le chemin de fer camerounais de Ngaoundéré (Cameroun) à Moundou (capitale économique du Tchad), afin de desservir le Nord du Tchad.

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