Le "soya" sauve des vies

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Qui peut dire au Cameroun aujourd’hui que jamais il n’a vu ou consommer ces petits carrés de viandes cuits à la chaleur du feu de bois ?

Le Soya, comme on l'appelle au Cameroun, est devenu aujourd’hui au-delà de ce petit plaisir culinaire, une véritable industrie source de revenus et porteuse d’emploi et de richesses. 

Le Soya, un secteur porteur

Dans la ville de Yaoundé, un lieu est la référence en matière de préparation de ce met: le quartier de la Briqueterie. Le mythique ministère du Soya à la Briqueterie (Brique pour les intimes) ou encore du célèbre "50-50" (cinquante-cinquante) est des lieux privilégiés de consommation des brochettes. Néanmoins, aujourd’hui l’on retrouve à proximité de tous les marchés des marchands de brochettes ambulants équipée de brouettes et de cheminée faite en matériaux de récupérations. Devant les snack-bars, les supermarchés et les grands carrefours, les mêmes brouettes sont présentes. Ce qui permet à qui le souhaite de se procurer ce délicieux encas. Cette multiplication des points de vente du Soya tend à prouver que ce secteur est bien porteur. 

Porteur d’emplois d’abord car, ceux qui vendent le Soya aujourd’hui ne sont plus seulement les ressortissants du Grand Nord Cameroun experts en cuisson de ce produit, mais d'autres amateurs originaires des autres coins du pays s'adonnent à cette pratique. Il suffit juste de faire une formation de quelques semaines et vous êtes prêts. Les patrons embauchent ainsi de jeunes gens dévoués et capables de supporter la station debout pendant une longue durée 

Un secteur qui génère des revenus non négligeables

Le Soya est accessible et le coût de la viande de bœuf y contribue fortement: comptez le kilogramme de viande à hauteur de 3800 FCFA. Pour ce prix, vous obtenez 60 brochettes revendues au prix de 100f. Ce qui nous fait 6000f, à vous de calculer la marge. Campani, vendeur de Soya au quartier Tam-tam à Yaoundé affirme acheter 6kilogrammes de viande et se faire un bénéfice de 24000f.

Un concurrent au bœuf a fait son entrée sur la scène: le porc. En effet, devenant déjà très populaires, les brochettes de porc commencent à prendre de l’ampleur dans nos villes. Cependant, une différence est à noter sur le plan économique. En effet, la viande de porc coûtant entre 2800 FCFA à 3000 FCFA le kilogramme, cette quantité fournit au vendeur 40 à 45 brochettes. Revendues au prix fixe de 100 FCFA, on y fait une marge de 1000 à 1500 francs CFA le kilo.

Des vendeurs de Soya, experts en stratégie marketing

Au-delà de cette disposition pratique liée à la fabrication des brochettes, nous avons constaté que ces vendeurs sont également de véritable experts en marketing, car ils savent très exactement où vendre afin d’obtenir le maximum de bénéfice. Généralement on les retrouve dans les lieux de grande concentration tels que des débits de boissons, car les habitudes de consommation de ce produit y sont élevées. On les retrouve également à la sortie de grands supermarchés et ceux-ci offre en plus de la viande la possibilité au consommateur de s’offrir des sandwichs faits à base dudit Soya.

Ce secteur de la restauration est un véritable secteur porteur d’emploi et surtout assure la sécurité financière à ces jeunes souvent sans emplois et qui y trouvent l’occasion d’avoir des revenus leur permettant de subvenir à leurs besoins.

Finalement...: le secteur informel, une issue de secours?

En somme, la vente du Soya au Cameroun, qui relève du secteur informel il faut le dire, semble très lucratif et sécurisant. La preuve est qu'elle se développe de jours en jours.  

Abdou, vendeur depuis une vingtaine d’années au quartier Briqueterie, nous avoue avoir construit une bâtisse, envoyé ses 4 enfants à l’école, et est propriétaire d’une moto tout ceci grâce au revenu liés à la consommation du Soya. Un exemple à suivre? Le secteur informel serait-il une issue plus « sécure » pour ces personnes qui se retrouvent sans emploi aujourd'hui? A méditer, toujours est-il que pour ce qui est de la vente du Soya, ça marche!