Cameroun: La Sosucam confisque le mois de Ramadan.

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Par la récente décision du Président de la République du Cameroun de suspendre temporairement l’importation de sucre, Paul Biya fait de l’interventionnisme dans une économie de marché en se mettant au dessus des lois et traités internationaux. La situation semble impérieuse vu le signal de détresse lancé par le Directeur général de la Société sucrière du Cameroun (SOSUCAM) M Louis YINDA, qui manifestement fait le constat d’un difficile écoulement des stocks de sucre Camerounais sur le marché. Malheureusement cette intervention se fait durant la période de l’année où les producteurs de sucre font de bonnes affaires. On viendrait à se demander quels sont les intentionsde la Société Sucrière du Cameroun est-ce  la une tentative de monopole sur une marché prétendument ouvert ?

La stratégie consisterait donc à feindre une faillite qui, si elle s’avérait, mettrait certainement en chômage de milliers de travailleurs du sucre ce qui découlerait sur une véritable crise sociale et éventuellement une crise économique pour les populations qui dépendent entièrement de l’usine de la Société Sucrière du Cameroun (SOSUCAM). Les zones de Mbandjock et Nkoteng pourraient donc connaitre un réel ralentissement des activités économiques qui mettra à mal toute l’économie Camerounaise et même l’image de marque du Pays où la SOSUCAM est l’une des dernières sociétés agro-industries vivante sur le territoire Camerounais.

Patriotisme oblige, le Président de la République du Cameroun vient au secours d’une entreprise, qui avoue publiquement ses faiblesses managériales et son incapacité à écouler un produit de première nécessité. Brandir la faillite à la veille du mois de Ramadan quand on sait que ce mois est celui où le jeûne crée une surconsommation des produits sucriers. Le mois de jeûne est celui durant le quel la vente de sucre connait une réelle hausse, ce qui est une aubaine pour les industries du sucre. Malheuresement la fermeture des frontières durant ce mois diminuerait considérable l'offre en sucre. 

Afin d’éviter toute crise sociale, l’intervention de la Présidence de la République, au risque de fouler les accords commerciaux internationaux tels que les accords ACP, principalement sur les denrées de première nécessité, est dans l’obligation de préserver l’intérêt national, en engageant une politique interventionniste digne du marxisme. Une régulation du marché loin de la main invisible, démontre un protectionnisme qui vise certainement le bien être du Pays.  nous relévons néanmoins là un véritable coup de force et aussi un déficit managérial.

La Sosucam est elle capable d’approvisionner tout le marché Camerounais, ne sommes nous pas là entrain de courir vers une pénurie durant laquelle un rationnement de quantité à acheter pourrait être imposé ? Ces questions ne peuvent trouver réponse que dans un avenir proche. Par ailleurs il est tout de même important de se demander pourquoi avec un marché de 25 millions d’individus et une ouverture sur des Pays voisins la SOSUCAM s’obstine à s’accaparer de la période de ramadan au risque de créer une pénurie dans les grandes villes. Une pénurie maintes fois observée même si celle-ci (SOSUCAM) prétend avoir des stocks suffisant.

stock sucre

 

La libre concurrence est bien l’un des principes de l’économie moderne. C’est à chaque entreprise de trouver des stratégies afin d’exister sur le marché. L’intervention de l’Etat n’étant pas propre au Cameroun, on peut néanmoins y voir un acte de souveraineté affirmé, dont le but est de préserver les intérêts de la nation Camerounaise d’abord.

Gontran ELOUNDOU.

Analyste politique