Cameroun: Guerre contre Boko Haram , Shekau réapparait et menace.

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Il y a quelques jours, certaines sources l’ont annoncé mort dans un raid  contre sa base à Dikoa, une localité située dans l’Etat du Bornou (Nord-est du Nigéria). Abubakar Shekau le leader de la secte islamiste Boko Haram vient de ressurgir dans un document vidéo.

Toujours menaçant, l’homme promet aujourd’hui de poursuivre la lutte pour la réalisation de son projet funeste. Le village de Hitawa (région de l’Extrême-Nord Cameroun) vient de subir une attaque attribuée à la nébuleuse terroriste.

Une seule chose est sûre, la guerre contre Boko Haram n’est pas terminée, même si les capacités de nuisance de cette secte islamiste ont été considérablement diminuées. Sous l’action conjuguée des forces du Nigéria, du Tchad, du Cameroun et du Niger regroupées en alliance qui fait front à la nébuleuse terroriste. Celle-ci a été ébranlée, eu égard au revers qu’elle subit depuis des mois. Loin d’abandonner cependant son projet funeste d’installer son califat dans le territoire de l’ancien soudan occidental, la secte ruse pour frapper les populations, dans la guerre asymétrique qui l’oppose désormais aux forces militaires des pays cités précédemment, consciente de ses limites dans une confrontation avec des forces conventionnelles et entraînées.

Ainsi, alors que son leader a été annoncé mort par certaines sources le 29 janvier dernier, celui-ci vient de ressurgir dans une vidéo dans lequel il promet de poursuivre la lutte contre les "mécréants". Cette dernière sortie d’Abubakar Shekau coïncide, à quelques jours près, avec une nouvelle attaque du village de Hitawa (région de l’Extrême-Nord Cameroun) attribuée à la nébuleuse terroriste.

En effet, notre confrère, L’œil du Sahel rapporte dans son édition du 07 février que la localité de Hitawa dans l’arrondissement de Mokolo a été l’objet d’une violente attaque terroriste dans la nuit du 04 février 2018. Bilan : six pertes en vie humaine, une centaine de concessions incendiées, une église brûlée, quatre motocyclettes et des chèvres emportées.

Selon des témoins interrogés, l’attaque se serait déroulée à partir de 23h, heure locale. Et, toujours selon ces témoins, pour atteindre leur objectif depuis le Nigéria, les assaillants seraient passés par la montagne de Hidoua échappant ainsi à la vigilance de l’armée dont les hommes sont postés à Hidoua et à Vourzaka.

La nouvelle de la mort d’Abubakar Shekau annoncée par certaines sources le 29 janvier 2017 à Dikoa a bien pu réjouir plus d’une communauté de personnes vivant dans la zone rouge constituant le rayon d’action de Boko Haram. Plus tard et malheureusement pour eux, elle s’est avérée fausse. Comme les autres fois – une demi-douzaine - depuis juillet 2010, date à laquelle il arrive à la tête de cette secte islamiste. Toutes ont été démenties.

C’est en juillet 2010 qu’Abubakar Shekau apparait et se proclame chef de Boko Haram, au lendemain de l’exécution de Mohamed Yusuf lors de l’insurrection de Maiduguri. La secte entre alors dans la clandestinité et prend le nom officiel de « Groupe Sunnite pour la prédication et le Djihad ». Elle opère principalement depuis ses bases implantées au Nord-Est du Nigéria et dans la zone à l’entour du Lac Tchad, affectant tous les pays riverains (Tchad, Nigéria, Cameroun, Niger).

Jean Bosco SIMGBA