Coupe d’Afrique des Nations 2019 : Que vaut l’engagement de Paul Biya

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Les camerounais n’oublieront pas de si tôt, l’impertinent nouveau patron de la Confédération Africaine de Football, qui a eu l’outrecuidance de toucher à ce que  les camerounais ont de plus cher : le Foot Ball.

Ahmad Ahmad  a émis plus qu’une réserve sur la capacité du Cameroun à organiser la CAN 2019 ; il a même envisagé l’hypothèse d’un « plan B » ( ouverture des procédures d’appels d’offres pour qu’il y ait d’autres pays qui participent à l’organisation de la prochaine CAN ).

Il a multiplié les allusions : «Je serai intransigeant sur le standard de la Can. Soit le pays y répond, soit il ne l’organise pas». C’est une véritable volée de bois verts qu’à reçu le Malgache. On aura tout entendu comme qualificatifs à l’endroit d’Ahmad Ahmad et sa prise de position.

Ahmad Ahmad a pris la tête de la CAF de manière fracassante. Il est entré dans la légende le jour où il a battu à plate couture (63% des voix), le mythique et inamovible Issa Hayatou dont la personne se confondait à la CAF après plus de 30 ans de règne sans partage à la tête de l’organisation panafricaine.

Non content d’avoir pratiquement humilié le dinosaure, Ahmad Ahmad revient à la charge cette fois probablement avec l’ambition non seulement de provoquer un AVC à Hayatou, mais également le délire général de ce peuple accroc de football, une véritable religion, un opium.

Certains parlent d’une véritable vendetta. «Il veut nettoyer les écuries d’Augias et recadrer le pays de Roger Milla qui aurait été «gâté» par l’ancien président». Mais n’oublions pas que le nouveau boss avait annoncé les couleurs dès son élection : « Je pense qu’il est temps de changer de mode de gouvernance ».

Paul Biya a dû sortir de sa réserve habituelle, souvent à la limite de l’apathie voire de l’inertie, pour rassurer le Président de la CAF et les camerounais : « Le Cameroun sera prêt le jour dit. J’en prends l’engagement »,

Après l’engagement personnel pris par Paul Biya, au regard du niveau d’avancement des travaux, la question demeure tout de même lancinante. La parole de Biya suffit-elle d’autant plus que le long règne du Président est parsemé de promesses non tenues ?

Quand il s’agit du foot, l’équipe BIYA et son chef sont prêts à tout. A fortiori une CAN masculine, la dernière s’étant déroulée ici en 1972.

 Pour cette équipe passée maitre dans l’art de l’improvisation et du bricolage ; l’occasion de se remplir les poches est trop belle pour se permettre de la rater. La polémique actuelle fait donc partie de la routine. D’ailleurs qui se souvient d’un événement réalisé au Cameroun et qui a échappé à la querelle nationale, avec au menu les accusations de corruption et de détournements de deniers publics (comices agropastoraux, Foras économiques et/ou politiques, CAN féminine, etc.) Pour nos spécialises du verni, l’expression consacrée est le Cameroun … c’est le Cameroun « pourvu que ça se déroule.

 L’on annonce un budget de 700 milliards pour réussir l’organisation du tournoi continental le plus prestigieux. Ils les trouveront même au prix de l’endettement, sous hypothèque des générations futures !

Au regard de la situation économique du pays, force est de se demander pourquoi allouer autant d’argent à cet événement qui in fine n’est qu’un jeu ? Tenez par exemplaires, pour le Comité d’Organisation  l’on a déjà commandé pour 576 millions, 16 véhicules pour le contrôle des chantiers.

Le Cameroun a-t-il vraiment encore quelque chose à prouver en matière de foot ? Les Lions indomptables, l’équipe fanion a pourtant procuré toutes les sensations et émotions possibles au peuple camerounais ; il en redemande toujours. Privez les camerounais de foot est un véritable crime. Paul Biya l’a bien compris et joue une partie de son prochain mandat en surfant sur la vague de ce peuple qui ne peut se passer du jeu.

                                                           JOSEPH MARIE ELOUNDOU