Compétitivité et Croissance

POUR LES NULS
Typography

Lors de la campagne électorale en 2011, le Président (candidat) de la République du Cameroun, avait délivré à Douala, un discours essentiellement économique.

Il y  affirmait : « L’accélération de la croissance sera la grande affaire du prochain septennat…; nous allons améliorer l’environnement des affaires afin d’accroître la compétitivité des entreprises. ». A cette occasion, le candidat BIYA avait d’ailleurs déroulé ce qu’il faut faire pour accélérer la Croissance à travers la Compétitivité et l’amélioration du climat des affaires. Cf. (Paul BIYA, discours de campagne à Douala 6 octobre 2011).  Compétitivité et Croissance apparaissent ainsi comme deux concepts au centre des « Grandes Réalisations ». Nous avons exploré pour vous certains concepts-clés.

La Croissance

Dans la littérature économique,  la croissance se définit généralement comme l’augmentation quantitative des agrégats de la comptabilité nationale. On dit aussi qu’elle est la somme des valeurs ajoutées. Il s’agit en fait de l’ensemble des richesses créées dans un pays. On parle de croissance en relation avec le Produit Intérieur Brut (PIB) ;  l’analyse dans le temps des valeurs ajoutées détermine soit la croissance soit la récession.  Exemple: en 2010 le taux de croissance du PIB était de 3,3% en valeur relative, ce qui correspondait à plus de 12 500 milliards de FCFA en valeur absolue. En 2011, ce taux est passé à 4,1% en valeur relative, soit plus de 15 000 milliards de FCFA en valeur absolue. L’on attendait alors en 2012 un taux de croissance de 5,5%...

La compétitivité

La notion de compétitivité quant à elle est multidimensionnelle. Pour des besoins d’analyse on peut choisir l’une où l’autre des définitions.

Sur le plan microéconomique

La compétitivité est l’aptitude pour une unité de production à conquérir et à détenir durablement et de manière rentable d’importantes parts de marché, face à la concurrence.

Pour être compétitif, les entreprises doivent relever plusieurs défis :

-          La concurrence

-          Le développement des marchés

-          La performance (améliorer leur niveau de performance)

-           Avoir un comportement concurrentiel c'est-à-dire être performant

-          Etc.

Sur le plan macroéconomique

La Compétitivité se mesure par la capacité pour le secteur productif d’un pays à satisfaire la demande.

Une autre approche de la compétitivité est mesurée à partir du solde commercial : la différence entre ce que l’on importe et ce que l’on exporte. L’on est compétitif si l’on exporte plus que l’on importe. C’est ici qu’interviennent les notions d’avantage comparatif. C’est l’avantage qu’une économie tire à promouvoir un produit, un secteur plutôt qu’un autre (repose chez nous essentiellement sur les matières premières et les ressources naturelles) ; de plus en plus également, l’on parle d’avantage compétitif (repose sur les ressources immatérielles, notamment les savoirs) ; c’est le cas du Japon qui  ne dispose pas de matières premières mais, est l’une des économies les plus performantes au monde. L’on recommande ainsi aux entreprises de s’appesantir sur les filières pour lesquelles elles ont un avantage comparatif et/ou compétitif. 

Au Cameroun, il existe un Comité de Compétitivité ; ici, l’accent est mis sur la compétitivité des filières. La filière, ce sont les chaînes de valeur. Toutes les activités d’amont en aval qui concourent au développement de la filière. Le Gouvernement camerounais a sélectionné un certain nombre de filières prioritaires ayant un impact sur la croissance et la création des emplois. Plus il y aura de filières, plus il y aura attrait des investissements. D’autant plus qu’au Cameroun, la croissance est essentiellement tirée par la demande (consommation). L’investissement est cependant un levier important qui représente malheuresement encore un poids marginal.

Compétitivité et Productivité

Un autre concept, la Productivité, est en étroite relation avec la Compétitivité. La productivité est liée au processus. Ex : les bouteilles d’un litre et demi dans lesquelles l’on produit de l’eau minérale pèse 28g en Europe tandis qu’au Cameroun, elles pèsent 35g. On utilise donc plus de matière pour produire la même chose. Dans cet exemple, nos processus de production des bouteilles ne sont pas suffisamment optimisés. Cela peut être le fait de plusieurs facteurs : équipements obsolètes, un personnel peu performant, une technologie dépassée, etc.  Lorsque la productivité est élevée, elle accroît la compétitivité ce qui entraine les gains de parts de marché. Nous augmentons par conséquent la richesse d’où la croissance du PIB.

Les acteurs de la compétitivité

Dans le contexte de globalisation des économies, c’est le secteur privé qui affronte le marché ; le secteur public étant là pour améliorer la gouvernance. Il y a donc deux acteurs majeurs : l’un est demandeur des réformes, c’est le secteur privé, l’autre, l’Etat est acteur des réformes. Le Comité de Compétitivité est dans ce dispositif, la plate forme institutionnelle, interface entre public et privé, qui identifie et propose les mesures susceptibles d’améliorer la compétitivité.

La Compétitivité détermine la Croissance ; elle permet d’améliorer la croissance. C’est grâce à la compétitivité que l’on effectue le saut qualitatif, par exemple, de pays sous développé à pays émergent. En définitive, c’est la Compétitivité qui génère la Croissance.

La Compétitivité et la Croissance ne sont pas seulement mécaniques ; elles sont également déterminées par des indicateurs de développement humain. Il y a en arrière plan, l’amélioration du niveau de vie de la population car l’on ne peut être compétitif dans le mal-être.  Il est donc impératif qu’il y ait redistribution des richesses sinon, ni la Croissance ni la Compétitivité n’ont de sens.