Cameroun:un important fond apporté pour booster la filière huile de palme.

ECONOMIE
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Le déficit courant de 100 000 tonnes en matière de production d’huile de palme au Cameroun ne sera bientôt qu’un pire souvenir. C’est du moins l’intention affichée le 14 février dernier à Yaoundé par Louis Paul Motaze, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat). C’était à l’occasion de la signature de la convention pour la mise en oeuvre d’un Programme d’Appui à la Fertilisation de la Palmeraie Villageoise (Pafpv). En présence du ministre de l’Agriculture et du Développement Rural, Henri Eyebe Ayissi et du président général de l’Union Des Exploitants de Palmier à huile du Cameroun (Unexpalm), Léonard Claude Mpouma, par ailleurs cosignataire de ladite convention. De manière concrète, le Pafpv est un appui de l’Etat aux acteurs de la palmeraie villageoise sous forme d’engrais subventionnés. Il permettra de réduire de 25 % le coût de l’engrais et de constituer un fonds de pérennisation sur plusieurs années. Le programme prévoit que l’Etat acquiert 9000 tonnes d’engrais échelonnés sur trois ans. Soit 2000 tonnes la première année, 3000 tonnes la deuxième année et 4000 tonnes la troisième année. L’Etat du Cameroun acquiert la tonne d’engrais au coût unitaire de 400 000 francs toute taxe comprise. Le coût total de la subvention sur les trois années étant de 3,6 milliards de francs CFA. Ce programme s’inscrit dans le cadre, a précisé Louis Paul Motaze, de la relance de la production d’huile de palme. Dans ce sens, il est question de s’attaquer à la faiblesse des rendements à l’hectare de la palmeraie villageoise, étant donné qu’elle constitue l’une des causes de l’atonie de la production nationale. En ce qui concerne le fonds de pérennisation du programme, le Minepat a indiqué qu’il est constitué à partir des recettes provenant de la cession des engrais aux bénéficiaires à prix réduit. Il a poursuivi en précisant qu’au bout de la troisième année, ce fonds sera d’un montant de 2,3 milliards de francs CFA qui, permettra à l’Unexpalm de poursuivre la subvention aux producteurs après l’arrêt de l’appui de l’Etat. Louis Paul Motaze a en outre expliqué que cette subvention évoluera de manière dégressive : 100 000 francs CFA par tonne la quatrième année du programme à 40 000 francs par tonne la huitième année ; va permettre aux producteurs d’acquérir 18 750 tonnes d’engrais supplémentaires sur cinq ans à prix réduit. Et ce, après le retrait de la subvention étatique. En clair, au bout de la huitième année, les producteurs auront acquis un total de 27 750 tonnes d’engrais. En prenant la parole à son tour, Léonard Claude Mpouma a indiqué que cette convention n’est pas la première du genre. Elle s’inscrit à la suite de trois premières conventions déjà signées entre l’Unexpalm et le gouvernement. Les deux premières ont été signées en 2003 et 2010 pour la maîtrise d’oeuvre puis la maîtrise d’ouvrage délégué du Programme de Développement des Palmeraies Villageoises. Et la troisième, signée en 2010, pour la gestion des engrais subventionnés de palmier à huile sur Fonds d’Urgence. Léonard Claude Mpouma a promis d’assurer la cession des engrais subventionnés aux bénéficiaires, parce qu’il croit fermement que cette activité va considérablement accroître la production de régimes dans les bassins de production et par conséquent améliorer nettement l’approvisionnement des huileries industrielles existantes et celles à venir.

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