conditions de publication

RDC: Le contentieux post-électoral commence.

La Cour constitutionnelle de République démocratique du Congo (RDC) va commencer à examiner mardi le recours contestant les résultats de l’élection présidentielle introduit par l’opposant Martin Fayulu, a-t-on appris lundi auprès de cette instance. « La Cour constitutionnelle va commencer à examiner le recours de Martin Fayulu demain (mardi) à partir de 9h30 », a déclaré à l’AFP Baudouin Mwehu,attaché de presse au cabinet du président de cette Cour.

Fayulu est l’un des candidats d’opposition à la présidentielle du 30 décembre dont il conteste les résultats provisoires publiées par la Commission électorale (Céni), proclamant un autre opposant, Félix Tshisekedi, vainqueur.

Selon ces résultats provisoires, M. Tshisekedi a devancé avec 38,57% des voix Martin Fayulu (34,8%). Il doit donc succéder à Joseph Kabila, 47 ans, au pouvoir depuis l’assassinat de son père en 2001.

Mais M. Fayulu a immédiatement dénoncé un « putsch électoral » du président sortant avec la « complicité » de M. Tshisekedi, et revendiqué la victoire avec 61% des voix. Il a déposé vendredi un recours devant la Cour constitutionnelle, qui a huit jours pour donner sa décision.

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L’Église catholique, qui affirme avoir déployé 40.000 observateurs le jour du scrutin, a également mis en doute le résultat annoncé. Elle a souhaité que le Conseil de sécurité de l’ONU demande à la Céni la publication des procès-verbaux de la présidentielle. Des organisations régionales et internationales réclament un recomptage des voix.

« Le recomptage des voix, relevant du pouvoir d’appréciation du juge, est une mesure extraordinaire d’instruction à laquelle le juge peut recourir après avoir épuisé toutes les autres vérifications d’usage », selon la loi électorale.

 

Afriquelibre.be.

Cameroun: Retrait de la CAN 2019, un échec à force de l'expérience ?

Dans une trentaine de jour, qu’il le veuille ou pas, le Président de la République devra prononcer son  traditionnel discours à la nation. Ce sera certainement un moment embarrassant pour lui qui avait promis d’offrir au Cameroun pour ce mandat (certainement son dernier), l’organisation de la compétition de football la plus prestigieuse d’Afrique et la plus regardé du continent. Une pilule certainement difficile à avaler quand on sait que le chef de l’État a donné toutes les garantis au peuple que ce tournoi aurait eu lieu sur les terres Camerounaises.

paul biya message a la nation dec 2016 int

Un mois après sa réélection, le Président Paul Biya se voit déjà embarrassé par une nouvelle qui vient pour la circonstance, salir non seulement l’image du  peuple camerounais tout entier, mais aussi montre à suffisance l’échec d’une élite gouvernementale  incapable de respecter ses engagements. Comment après avoir donné toutes les garantis, le Cameroun se voit donc retirer l’organisation d’un tournoi qui aurait permis au chef de l’État Paul Biya de retrouver un peu de crédibilité auprès de son peuple, mais surtout aurait hissé haut le drapeau camerounais comme étant le premier pays à organiser un Coupe d’Afrique des Nations avec 24 équipes.

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Plusieurs missions officielles des membres du gouvernement sur les chantiers n’auront été que de la poudre aux yeux pour ceux-là qui croyaient convaincre par les mots. Les longues conférences de presse du ministre des sports qui pensaient convaincre par la rhétorique n’auront pas pu cacher les réalités du terrain qui sont : retards dans le cahier des charges principalement au niveau des chantiers des stades, des routes qui comme on le sait ne sont pas encore achevées.  Par exemple, la nouvelle autoroute Douala Yaoundé plus sûre n’est qu’à 10% de sa réalisation, beaucoup les routes autour des différents stades de Douala et de Yaoundé ne sont pas encore existantes. Un ensemble d’Éléments techniques qui laisse penser que quelque part la vérité n’aura pas toujours été au rendez des déclarations gouvernementales.

conférence de presse bidoung mpkwatt

Un vrai embarras désormais pour le chef de l’État qui se voit ainsi « affiché », et dont l’aura sera encore réduite à la raillerie parmi ses pairs. Le « Cameroun c’est le Cameroun », disait-il et là nous constatons que l’inertie et la corruption associée aux détournements massifs de fond ont ainsi étalé au grand jour, aux yeux du monde la profondeur du mal Camerounais. Voici donc qu’après un mois de nouveau mandat le monde tout entier retiendra de Paul Biya que c’est le seul président qui en 36 ans d’expérience au sommet de l’êtat n’aura pas pu maitriser ses collaborateurs, ne maitrise pas son agenda, et sera le premier président à qui l’on confie l’organisation d’une compétition majeure et à qui on la lui retire 7 mois précédents.

ELNA.

Gabon: Le Ministre de l'économie humilié par des agents mécontents.

Jean-Marie Ogandaga, l’actuelle ministre de l’Economie, a officiellement quitté ce mercredi 9 mai, ses fonctions de ministre de la Fonction publique sous une haie d’insultes formé par les agents de ce ministère, qui l’ont obligé à descendre de son véhicule pour sortir du ministère à pied. Une situation humiliante sous l’indifférence totale de son remplaçant Ali Akbar Onanga.

Jean Marie Ogandaga a subi ce mercredi 9 mai 2018, une humiliation au sortir de la passation de charges avec son remplaçant Ali Akbar Onanga, l’actuelle ministre de la fonction publique. Ce dernier s’est fait huer, insulter, et crier déçu par les agents de ce ministère qui étaient pour la plupart, très content de pouvoir enfin le voir partir, après plusieurs mois de récrimination.

Réunis tous sur la seule voie qui donne accès au ministère de la Fonction Publique, ces agents ont tout simplement obligé leur ancien ministre à descendre de son véhicule, pour sortir de leur ministère à pied, sous une haie d’insulte, de cris destiné à évacuer un trop plein de frustrations trop longtemps contenues, suivis de chant victorieux.

Une marche de la honte, suivie de près par son véhicule, sous l’indifférence totale de son remplaçant. Saluant les agents grévistes, ce dernier leur a assuré de trouver dans un avenir proche des solutions aux différents problèmes qu’ils rencontrent au sein de cette administration.

Rappelons que ces agents réclament entre autre, la régularisation de leurs situations administratives. Les stages qui sont pour eux, un droit, la régularisation de certains agents et leurs primes. Ajouté à cela, de meilleurs conditions de travail, qui passent par des espaces pour chaque agents, les fournitures de bureaux, la réhabilitation des bus pour le transport du personnel et des latrines.

gabonmediatime.com

Cote d'ivoire: le Président Ouattara veut un parti unifié.

Concernant le projet de parti unifié devant naître de la fusion des formations de la coalition au pouvoir, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) dont les principaux partis sont le PDCI et le Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel), Maurice Kakou Guikahué a réaffirmé qu'il n'a "pas signé le manifeste".

ouattara poursuit Bedie

LG Infos pense que cette rencontre entre Bédié et Ouattara est "la preuve que Ouattara court après le PDCI " pour la mise en route du parti unifié. Certains observateurs craignent même une dislocation du parti de Henri Konan Bédié, PDCI, le parti historique de Felix HouphouëtBoigny. Il apprécie leur appel à la retenue dans chaque camp pour consolider le climat de paix en Côte d'Ivoire. Mieux, ce débat s'est approprié l'espace publique. Le président ivoirien, Alassane Ouattara, et le président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire, Henri Konan Bédié, auront une rencontre mardi en début de soirée au palais de la présidence de la République d'Abidjan, a appris l'AIP auprès du service communication de la Présidence.

campdesrecrues.com.

Cameroun: Un évêque accusé de sorcellerie

L’homme de Dieu est accusé d’avoir détruit certaines tombes pour y faire bâtir un nouvel établissement scolaire qui doit ouvrir ses portes à la rentrée scolaire prochaine. Une situation qui crée un tollé dans la ville de Kribi.

Des tombes enterrées sous de mottes de terre et des accusations d’enterrement de plusieurs tombes. C’est la polémique que suscite cette situation dont le prélat serait l’auteur, au cimetière catholique de Talla. Cette situation qui indigne les populations n’est que la résultante de la construction du collège Pierre Monti dans la ville de Kribi, sur les cendres de l’ancien collège d’enseignement technique et moderne (Cetm) fermé cette année pour la cause. Selon certaines supputations, la fondation du côté gauche du bâtiment aurait été construite sur certaines tombes du cimetière qui jouxte ce nouvel établissement secondaire. Selon certaines indiscrétions, c’est quatre à cinq tombes qui ont été remblées par les maçons pour y bâtir la fondation du bâtiment R+2. Sur le site du chantier, c’est de l’omerta : Silence de cimetière. Chacun craignant certainement la malédiction de l’évêque du diocèse de Kribi, Mgr Damase Zinga Atangana, initiateur de ce projet de construction d’un collège de référence dans la ville balnéaire. Pour les populations, c’est l’horreur.

Phobie

« Même si c’est gratuit, mon enfant ne peut pas fréquenter un établissement qui est construit sur des tombes. Jamais. Ça c’est de la sorcellerie », estime Rachelle Mpelle, une riveraine qui fait un grand signe de croix, comme pour conjurer le mauvais sort. « Ça c’est de la haute magie et c’est une tradition typiquement catholique. Vous remarquerez souvent que leur église, ou cathédrale et d’autres structures sont construites à côté des cimetières. On dirait que ce sont des morts qui donnent du rayonnement à leurs structures », estime Jacques M, un habitant du coin. La phobie naturelle des morts et des cimetières vient en rajouter à cette situation qui défraie la chronique dans la ville de Kribi.

Dans les chaumières, c’est devenu le sujet principal. Malgré cette phobie collective, certaines populations sont plutôt ravies de la construction de ce bâtiment. « Il le fallait. Le collège Pierre Monti est une référence en matière d’enseignement et Kribi n’en avait pas. Tout ce qui se raconte n’est que pure invention de certaines personnes », lance M. Eric Tankou, un habitant de Kribi.

Un sacrifice bien blâmable

Hormis ce fait, il est reproché à l’évêque du diocèse de Kribi d’avoir ‘’tué’’ le Cetm de Kribi qui cède totalement ses bâtiments à Pierre Monti, hormis le nouveau bâtiment qui est entièrement construit. Il aurait cédé après des accords d’investissement de trois cents millions (300.000.000) de francs CFA avec la Congrégation des fils de l’Immaculée Conception, propriétaire du label Pierre Monti et St Benoit dans l’enseignement au Cameroun. Un véritable bras de fer s’est engagé entre les anciens du collège et l’évêque du diocèse de Kribi. « Je ne sais pas pourquoi le père évêque n’a vu que le site du Cetm pour venir mettre son projet. C’est vraiment dommage. Nous l’avons supplié, mais il n’a voulu rien entendre. Il nous a demandé d’aller construire au stade, si nous ne voulions pas que le collège disparaisse. C’était plutôt à eux d’aller construire au stade. Et non venir réhabiliter de vieux bâtiments. C’est eux qui ont de l’argent. Décidément quand on dit que l’argent c’est le diable, c’est très vrai », déclare, amer et courroucé, un ancien du Cetm il y a de cela plus de quarante (40) ans aujourd’hui.

« Le Cetm faisait partie du patrimoine de la ville de Kribi, même s’il appartenait au diocèse de Kribi. On pouvait juste le réhabiliter ! Sacrifier les mémoires d’une ville au nom de l’argent c’est vraiment irresponsable et mesquin », estime un autre ancien du Cetm de Kribi. Pour les populations, la disparition du Cetm, ajoutée à cela la supposée construction du bâtiment de l’établissement sur les macchabées est de trop, mais pas pour l’Eglise catholique. « Pour commencer, le bâtiment là n’est pas construit sur les tombes. On n’a détruit aucune tombe, et même si on l’a fait ce serait pour une très bonne cause qui est l’érection d’une école de référence dans la ville de Kribi. Il n’y a pas de magie là-dessus.

Vous savez sur quoi vos maisons sont bâties ? Kribi n’avait pas un établissement digne de ce nom, et la ville s’agrandit avec de gens nanties qui viennent de plus en plus s’installer ici. Et on a remarqué qu’après sa classe à l’école primaire et maternelle Sainte-Marie des anges, l’enfant était obligé d’aller à Douala ou à Yaoundé pour pouvoir avoir un enseignement de qualité. Le collège Pierre Monti est connu pour la qualité de son enseignement », explique un très proche collaborateur de l’évêque du diocèse de Kribi. Polémique Et de poursuivre, « le collège Cetm croulait sous de millions de dettes.

Le diocèse ne pouvait plus faire face à cela. La Congrégation des Fils de l’Immaculée conception a proposé à l’évêque de Kribi une offre qu’il ne pouvait pas refuser. Eponger les dettes et investir dans la construction d’un nouveau bâtiment et réhabiliter les anciens. L’ouverture sur le Cameroun. Cela se chiffre à près de 600 millions FCFA qui seront investis pour un enseignement de qualité. Ce n’est pas l’évêque qui gère, c’est le Secrétariat à l’éducation (seduc), et les quotes-parts seront juste reversées.

Les enseignants du Cetm sont même déjà reversés pour Pierre Monti avec leurs arriérés de salaires totalement épongés ». Dans la ville, la polémique continue, mais l’église catholique à travers le diocèse de Kribi est déterminée à faire de ce collège une référence dans la sous-région, pouvant rivaliser avec les plus grands collèges tels que Libermann, Alfred Saker, le collège Vogt, De la Salle ou même le collège la Conquête.

La Congrégation des Fils de l’Immaculée conception est une congrégation catholique à vœux simples, hospitalière et enseignante, fondée le 8 septembre 1857 par Luigi Maria Monti et Cipriano Pezzini, avec l’ouverture d’un hôpital à Rome sous le vocable du Saint-Esprit. De droit pontifical depuis le 10 mai 1865, elle est composée de frères et de prêtres. Au début du XXe siècle elle ouvrit des maisons en Autriche, Pologne, Amérique du sud. En 2001, elle comptait 49 maisons pour 290 religieux.

teles-relay.com

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PAR JAMES ONOBIONO : « HOMMAGES A MON AMI BALTO »

Allocution prononcée par le Dr James Onobiono, à l’occasion des obsèques de son ami AMADANGOLEDA Louis Balthazar (BALTO), le 14 avril 2018.

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Préfet du Département du Mbam & Inoubou,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis et Parents,

Pauline, Adichou et Audrey,

De passage en Europe début Février, précisément le 06 Février, pour des rencontres professionnelles, j’ai profité de cette occasion pour aller rendre visite à Balto à l’hôpital Saint Antoine, Rue du Faubourg St Antoine dans le 12e Arrondissement de Paris.

Il était à une phase difficile de son traitement, quasiment en isolation ; on ne pouvait pas entrer directement en contact avec lui, il fallait une autorisation du médecin traitant et un habillement spécial pour arriver jusque dans la salle du service d’hématologie clinique et de thérapie cellulaire où il était hospitalisé.

Ces conditions de visite si inhabituelles pour moi, m’ont convaincu du niveau de gravité de la situation que vivait alors Balto. Et cela n’avait rien à voir avec ce que pouvait me laisser penser les conversations téléphoniques quotidiennes que j’avais avec lui. C’était donc un véritable choc. Mais il fallait bien que je lui apporte du réconfort en affichant le moins possible ce que je ressentais.

Lorsque j’entre dans la salle d’hospitalisation et qu’il s’en rend compte, il m’interpelle immédiatement avec sa voix toujours spéciale : ‘’James, tu es là ? Comment as-tu fais pour entrer, il est plus de 22 H !’’ Je lui réponds, Balto, tu as perdu la notion du temps, il est exactement 12 H 30.

A peine avions-nous entamé notre conversation qu’il se souvient d’une situation en cours au Cameroun, et qui semblait le préoccuper et il n’était pas content de la manière dont elle était gérée ; et tout d’un coup, il hausse le ton c’était comme s’il allait quitter son lit d’hôpital pour revenir au Cameroun s’occuper personnellement du problème.

J’ai dû lui demander de se calmer et d’économiser son énergie pour sa guérison, car il aura toujours assez de temps, le moment venu, pour s’occuper de ce problème.

Nous avons ensuite continué notre conversation et je suis parti au bout du délai que l’équipe médicale m’avait concédé.

Dans la voix, c’était un homme plein de vie, qui s’est battu avec détermination contre la maladie pendant plus de 4 ans, lorsque le diagnostic a été établi, mais il a été vaincu par la mort.

A ce stade de mon propos, je voudrais m’acquitter d’un devoir et d’une obligation, celle de remercier S.E Monsieur Paul BIYA, Président de la République, qui a permis l’évacuation sanitaire de Balto et sa prise en charge dans les meilleures formations hospitalières spécialisées dans sa pathologie durant tout son séjour en France.

Je remercie aussi ses médecins au Cameroun et à Paris qui ont fait tout ce qui était médicalement possible pour lui permettre de gagner quelques années en plus pour les partager avec sa famille, ses amis et connaissances.

Ceci étant dit, si je mets de côté l’émotion toute particulière ressentie ce 06 Février là, cette dernière rencontre physique, si j’ose le dire ainsi, puisque je ne lui ai même pas serré la main, du fait de l’interdiction des médecins, illustre parfaitement le Balto que j’ai connu depuis notre première rencontre à Paris en 1973.

C’était un homme qui adorait son Village BALAMBA et son Canton ELIP ; qui aimait son Arrondissement Bokito ; qui chérissait notre Mbam natal ; qui était un fort défenseur de notre Pays le Cameroun. Ses amitiés et relations couvraient totalement le champ de notre triangle national. Votre présence ici ce jour en est le témoignage vivant.

Balto était un homme de fortes convictions, un vrai passionné pour les causes qu’il embrassait. Il était souvent si passionné que cet amour et cet engagement pour ce qu’il aimait pouvait être diversement apprécié par ceux qui le côtoyaient ou qu’il croisait. Il y en a beaucoup qui s’en sont souvent trouvés à tout le moins écorchés ou frustrés.

Je fais la rencontre de Balto, comme je viens de le dire en 1973, lorsque tous les deux étudiants en France, précisément à Paris nos chemins se croisent. Il était inscrit au Conservatoire National d’Arts Dramatiques alors que je préparais ma thèse de Doctorat de Mathématiques Appliquées à l’Université Paris VI – Jussieu.

Nos filières d’études respectives ne pouvaient guère nous rapprocher, mais notre amour partagé pour notre origine commune va nous lier à jamais.

Le premier contact fut pourtant quelque peu explosif. Avec le tempérament que certains lui connaissent, nous avons eu une violente altercation. Mais, une semaine plus tard, comme s’il ne s’était rien passé entre nous, quand Balto me revoie, il revient m’embrasser avec une joie non dissimulée. Je me suis interrogé sur le personnage et j’ai conclu qu’il était une bonne personne en dépit de toutes les apparences.

A cette époque, lorsque l’occasion s’offrait à nous, nous étions souvent en compagnie d’autres compatriotes tels que les très regrettés Henri BANDOLO, le Général YAKANA GUEBAMA, à l’époque Capitaine et Commandant de l’Armée de l’Air Camerounaise en formation à l’Ecole de Guerre de Paris, Me WOLBER et Me ADJOVI Béatrice, mon épouse Marie-Suzanne, Madame MOUTOME Félicité, AGOH Justine, Madame MINDJA Angeline, BOUSSOMOG Antoine, feu KOUM BESSONG Grégoire, et plusieurs autres ; cette liste étant non exhaustive.

Nos études achevées, je regagne le pays peu de temps avant son retour.

Nos carrières professionnelles ne nous rapprochent guère davantage, mais nous sommes toujours ensemble dès qu’il rejoint le Cameroun.

Il est fonctionnaire au Ministère de l’Information et de la Culture, ensuite Cadre à la CRTV, avant de revenir au Ministère de la Culture.

Quant à moi, je suis Enseignant à l’Université de Yaoundé et à l’Ecole Nationale Supérieure Polytechnique, avant de devenir Industriel et de m’installer à Douala.

Malgré la distance, somme toute relative qui nous séparait, nous étions toujours ensemble lorsque je montais à Yaoundé ou qu’il descendait à Douala.

Lorsque j’entre en politique en 1985, à l’issue du 1er Congrès fondateur du RDPC, en étant élu Membre du Comité Central, Balto, qui a une mémoire d’éléphant et qui connaît les arcanes administratives et politiques de la capitale Yaoundé, parce qu’il y a passé toute sa vie et s’est frotté à beaucoup de responsables en activités ou en réserve de la République, va m’aider plus que quiconque à connaître le milieu et m’expliquer certains enjeux administratifs ou politiques.

Il me disait que je suis trop cartésien, et que la politique était une chose beaucoup plus compliquée que des équations mathématiques à résoudre. C’est ainsi qu’il n’hésitait pas à me tenir au courant de certaines situations anormales et m’incitait à intervenir pour telle ou telle personne, pour telle ou telle cause. Et à l’époque, unique membre du Comité Central du RDPC originaire du Mbam, il est convaincu que si je suis l’élu du Mbam, c’est bien pour défendre et promouvoir les intérêts de notre Département et de ses ressortissants.

Il ne me laissera jamais de répit et ne cessera de me harceler quand il estime que mon appui ou mon intervention auprès d’un responsable est important pour donner un coup d’accélération ou un coup de main à une quelconque initiative. Très souvent pour me débarrasser de son harcèlement, je mettais à exécution ses recommandations.

Balto était aussi un homme altruiste, et sa générosité était davantage prononcée quand il s’agissait d’un Mbamois. Ce n’est pas qu’il distribuait de l’argent, … tout le monde savait qu’il n’en avait pas assez pour distribuer. Mais en revanche, il avait un carnet d’adresses impressionnant dans les cercles haut-placés du Pays et même à l’étranger. Et il n’économisait pas ce carnet d’adresses pour débloquer une situation compromise ou obtenir un projet en faveur de Balamba, de Bokito ou du Mbam ; ou encore obtenir une intervention en faveur d’un frère, plus ou moins proche ou d’un ami. Il supportait mal l’injustice et avait horreur de l’hypocrisie et de la trahison.

Balto était profondément honnête. J’ai pu l’apprécier à maintes reprises lorsque, appelé à apporter une aide à un frère ou une autre connaissance, je me trouvais dans l’impossibilité de le faire moi-même. Très souvent, je recourais à Balto pour convoyer notamment des fonds. Cela pouvait concerner des personnes qui avaient manifesté une certaine hostilité à notre égard. Balto effectuait toujours la mission et jamais aucun sou n’avait manqué.

Il arrivait quelques fois de retour de cette mission, qu’il revienne me voir tout furieux. Cette fois, il me servait du <<ONOBIONO, après tout ce que ce malhonnête nous a fait !!!>>. Il citait alors une litanie de griefs puisqu’il n’oubliait rien. Et pour le calmer, je lui répondais simplement :<<C’est la nature humaine, vivons avec !>>.

Très attentif à la politique de l’équilibre régional, il était particulièrement attentif à la carrière des Mbamois occupant des fonctions visibles et publiques.

Je ne peux pas compter le ombre de fois où il m’a appelé ou est venu me voir pour me sensibiliser ou plaider sur la situation d’un de nos frères ou amis qui était en difficultés dans sa carrière ou qui avait besoin d’un coup de main dans une situation donnée.

Balto avait un sens profond de l’amitié et de la fidélité. Il n’oubliait jamais ses amis, y compris ceux qui, du fait de la retraite ou des autres difficultés de la vie, avaient tendance à être marginalisés. Il savait les réconforter. Il leur rendait visite et s’occupait à résoudre autant qu’il le pouvait certains de leurs problèmes.

Peu de personnes le savent, mais je suis obligé de le témoigner publiquement aujourd’hui ; si j’ai pu intervenir cent fois pour certains de nos frères, je l’ai fait au moins 60 fois à la demande ou sur une initiative de Balto. Une fois de plus je ne citerais pas des exemples ici. Mais de nombreux frères dont la carrière ou la situation étaient sérieusement compromises pour des raisons fondées ou non, ont été relancés grâce à Balto. Certains le savent, d’autres pas. La consigne permanente était la discrétion, y compris vis-à-vis des bénéficiaires.

Comme Industriel, j’ai parfois été au centre de violentes attaques, surtout au début des années de braise de 1990, lors des balbutiements du retour de notre Pays à la démocratie. Mes entreprises ont fait l’objet des charges véritablement incompréhensibles.

Dans ces moments difficiles, j’ai eu le soutien de nombreux compatriotes, amis et frères ; mais celui de Balto était vraiment spécial.

Le 11 Juin 1990, je suis dans mes bureaux, à l’époque Avenue de la République à Akwa. Une manifestation politique organisée à la Salle des Fêtes d’Akwa dégénère pour des raisons inconnues par nous. Lapiro de Mbanga qui était au centre d’une vive controverse et qui avait pris l’initiative de s’expliquer au cours d’un meeting dans cette salle, est attaqué à coup de pierres. En fuyant ceux qui voulaient le lyncher, il vient se réfugier au siège de SITABAC qui était à quelques encablures. C’était le prétexte tout trouvé pour que des adversaires s’attaquent à mon entreprise dont le siège a été saccagé. J’étais en ce moment particulier dans mon bureau avec Balto et d’autres personnes. Je n’ai jamais eu autant envie dans ma vie d’affronter les casseurs. Sans la présence de Balto, j’aurais probablement contribué à alourdir le bilan dans un sens comme dans l’autre. Il a pesé de tout son poids pour m’empêcher de descendre affronter ces casseurs. Et c’était bien qu’il soit là à ce moment précis, comme souvent dans les moments difficiles que j’ai connu dans la vie.

Je ne peux pas, l’instant d’un témoignage, dire et raconter tout ce que je retiens de Balto. Les anecdotes, il y a eu tellement que nous pourrions passer une journée entière et que ce ne serait pas suffisant.

Et, il ya des choses que je ne pourrais dire pour des raisons évidentes que tout le monde peut comprendre.

Je me permets cependant d’ajouter une ou deux dernières choses qui montrent à quel point nous étions unis. Balto se sentait investi d’une mission spéciale à mes côtés. Quelque fois, ma famille biologique avait l’impression qu’elle passait au second plan au point où, un jour, mon feu père m’interpella pour savoir ce que cet Elip venait faire dans son fief et pourquoi je tenais tant à lui.

Beaucoup de personnes s’offusquaient et s’interrogeaient sur la nature de notre relation, car Balto était toujours à mes côtés quel que soit le lieu où j’allais, le lieu où j’étais invité. Tout cela m’amène à confesser que la véritable amitié ne se commande pas. Elle ne se calcule pas. Elle n’est fonction ni du rang social, ni des titres, encore moins de la fortune. Notre amitié était profonde et spontanée. Je n’ai jamais regretté de l’avoir rencontré.

Parmi les dernières volontés de Balto, son épouse Pauline et sa fille Adichou m’ont confirmé qu’il a expressément demandé qu’il n’y ait que deux témoignages lors de ses obsèques : son fils Audrey et moi. Je vais quand même me permettre avec sa permission post-mortem, d’évoquer ici un mot gentil qu’un ami commun a partagé avec d’autres amis, lorsqu’il a appris le départ de Balto. Je le fais parce qu’il me semble utile d’avoir au-delà de la famille, du frère et de l’ami que je suis, le regard que certaines autres personnes ont gardé de lui, bien entendu ce n’est pas exclusif et c’est assez bref.

Voici ce qu’a écrit notre ami Mbanga Kack Josué :

«Balto, mea culpa. Parfois la voix montait entre nous à cause de nos positions et options idéologiques. En Français ou en Bassa, nos causeries étaient très enrichissantes, une vraie bibliothèque ambulante. J’ai été avec lui dans les plantations dans le Mbam. J’étais intime de sa famille. Il a renforcé nos liens avec le tout puissant industriel James ONOBIONO dont il était très fier. Parfois, il voulait jouer les boucliers au point de rompre des amitiés à cause de celui que beaucoup ont toujours vu comme son bienfaiteur.

Il était très attaché à sa famille, à son Mbam natal et au Cameroun. Il était un fervent défenseur de la race noire ; il défendait chacune de ces entités bec et ongles.

Dans la suite du Président ONOBIONO au Hilton à Yaoundé avec Boby et les autres, au cannibale un café de Yaoundé, sa voix de stentor montait parfois dans les cieux. Il aimait user de la force et du droit d’ainesse pour faire passer son point de vue. En la matière, seul le Président James ONOBIONO pouvait lui apporter la contradiction. Et souvent il ne disait mot. Mais en pareil cas, il se retrouvait avec nous dans l’ascenseur du Hilton l’occasion de faire son droit de réponse en l’absence de son mentor.

Certains n’ont jamais su prononcer son patronyme unique qui ressemblait étrangement à un nom de code. Certains prenaient le raccourci pour dire tout simplement ‘’l’homme de James’’». Fin de citation

Je pense que ce regard de Josué Mbanga Kack apporte un complément à ce qu’on devrait retenir de Balto.

Depuis que la maladie lui a imposé un exil forcé en France, j’avais commencé à m’habituer à l’absence de Balto. Mais ses coups de fils réguliers compensaient un peu cette absence.

Depuis le 19 Février 2018, après une dernière conversation que nous avions eue aux alentours de midi, Balto s’est éteint à 17 H 30. Et depuis ce 19 Février là, c’est le vide. La voix si forte et si particulière nous manque déjà. Ses interpellations régulières au sujet de Balamba, de Bokito, du Mbam et du Cameroun font désormais défaut. Je me rends compte aujourd’hui plus qu’hier, que Balto était spécial et unique.

Balto, j’apprécie ce que nous avons vécu ensemble et je te remercie d’avoir été cet ami fidèle et loyal.

Je peux imaginer ce qu’éprouvent ta famille nucléaire, Pauline ton épouse, Adichou, Audrey et ses enfants.

J’imagine aussi ce qu’éprouvent tes amis ici présents ou d’autres qui n’ont pas pu se déplacer pour te rendre un dernier hommage.

Après 74 ans de vie sur terre, nous autres chrétiens ne pouvons pas quereller Dieu pour ton départ. Il était déjà dans le bonus selon la Bible. On va se consoler avec cela. On va se taire en se disant que c’est la meilleure façon de te laisser reposer en paix.

Tu étais mon Ami, tu étais mon Frère, tu étais un grand Mbamois, tu étais un Camerounais fier et digne.

Vas en Paix, Vas Balto, et Repose en Paix aux côtés de ta mère que tu aimais tant.

Etranger- Cote d’Ivoire : Tiken Jah répond aux attaques des pro-Ouattara

Dans une récente vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux, Tiken Jah Fakoly, d’origine ivoirienne et figure de proue du Reggae africain a répondu au parti au pouvoir en Côte d’ivoire : le Rassemblement des républicains (Rdr), dont les membres estiment qu’il leur rend le sommeil difficile à cause de ses critiques.

Tiken Jah Fakoly a d’entrée clarifié qu’il n’est pas membre du Rassemblement des républicains (Rdr), et qu’il a toujours critiqué les régimes qui se sont succédés en Côte d’Ivoire et même au-delà du pays. Face à la corruption qui gangrène tout le pays et qui est entretenu par des cadres de l’administration publique, l’artiste ne peut que jouer son rôle, éveiller les consciences avec le reggae, a assuré ce dernier.

Un sénat budgétivore et inutile

« Et je le dis, c’est budgétivore, c’est inutile et c’est un garage pour les politiciens frustrés…. le budget alloué à ce sénat et aux sénateurs pouvait servir à bitumer certains axes routiers et pistes enclavées du pays. »

                                                                    Tiken Jah Fakoly 

L’homme a traité le sénat d’inutile et s’est dit prêt à battre le macadam avec l’opposition pour son annulation. Ce sur quoi il a encore insisté dans une nouvelle vidéo.

« Je suis ivoirien, j’ai donné mon avis sur l’actualité sociopolitique et je le ferai toujours ».

                                                                         Tiken Jah Fakoly      

Il s’est également attaqué vertement à Bédié, puisque ce dernier à l’en croire aurait fui le débat politique en 2010. « Je ne suis avec personne, je suis avec le peuple ivoirien » a-t-il poursuivi. Ceux qui ne veulent pas être critiqués n’ont qu’à laisser les postes politiques.

La Nouvelle Tribune